RECIT DE MA PLACE

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Du mois de septembre 2018 à celui de mars 2019, la municipalité de Mazan a confié un bel ouvrage à Sarah Camus, comédienne, et à Alexandra Lucchesi, auteur et metteur en scène : celui de mener Récits de ma place, un dispositif culturel placé sous le signe de l’échange et de la collecte de paroles.

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En effet, dans le cadre de la requalification de la place du 11 Novembre, espace névralgique de la ville de Mazan, la municipalité souhaitait donner à ses habitants l’opportunité joyeuse de rallier un projet qui leur appartiendrait et dont ils seraient les matériaux vivants.

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L’enjeu principal de ce projet de territoire d’envergure était de récolter des témoignages, réels ou imaginaires, en lien avec la place du 11 Novembre. Au fil d’événements divers (micro-trottoirs, ateliers d’écriture et de jeu, présentation des travaux en cours…), les paroles recueillies ont été transformées, puis articulées entre elles et rendues publiques sous la forme d’une restitution présentée en fin de parcours lors de l’inauguration de la place.

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Par-delà les avis contrastés et le flot de souvenirs évoqués, c’est la question du temps qui a émergé et qui a charpenté la production des textes mis à jour :

 » La multitude de paroles collectées s’est amoncelée dans nos mémoires. Par pile, et par rangées. Amas. Cumul. Monticule. Les témoignages mazanais ont des allures de montagne (de papier). Au détour d’une question, le fil du labyrinthe se dévide : on ouvre les tiroirs, éclaire l’arrière-boutique. L’envie de dire est là, se raconter aussi. C’est si beau, cette parole qui se donne. Elle est là qui surgit, sans fard, et sans habits, vêtue du seul plaisir d’être devenue récit. Un conte, une fable. Mieux. Une légende personnelle. Nous n’oublierons pas ces vies toutes tricotées de mots ; à la fois anecdote et mouvement du monde, chaque être rencontré était peuplé de tous. De celui qui est mort, de celle qui revient, de celui qui attend, de celle qui a froid ou de celle qui rit… En eux, la foule, entassée, le présent, le passé. Nous parlions de la place, ils nous parlaient du temps, sa ronde, sa cadence. « 

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Cette métamorphose urbaine a permis de mettre en lumière la poésie, et le relief des paysages intérieurs, de ces centaines de personnes sollicitées ; grâce à elles et leur singularité, l’aventure fut belle, décoiffante autant que remuante, très très réjouissante et toujours -oh oui, toujours !- surprenante

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 » Des maximes colportées dans les rues ; une dit : il faut de tout pour faire un monde. Immergées dans Mazan, qui est un petit monde, nous nous permettons de dire: il faut de tout pour dire Mazan. « 

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